Programme des Assises de la traduction littéraire

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 31es Assises de la traduction littéraire à Arles

 

Visuel-presse-Assises-ATLAS-204x300Traduire la guerre, comme nous aimerions qu’elle se traduise en paix ! La littérature abonde en histoires de guerre : l’IliadeGuerre et Paix, Catch 22, À l’Ouest rien de nouveau, Le Sergent dans la neige, etc. Ces livres, il a fallu, il faut encore les traduire, et il ne s’agit pas simplement de connaître la différence entre un kriss, un nunchaku et un crapouillot, entre une détente et une gâchette, il faut aussi savoir pourquoi et comment ces livres sont traduits. Ces trois jours d’Assises seront l’occasion d’une réflexion sur la guerre et les langues : comment les réfugiés parlent-ils de la guerre qu’ils ont fuie dans un pays dont ils ne parlent pas la langue ; les Rwandais racontent-ils le génocide en français ? comment ce français s’est-il transformé en passant dans d’autres pays ; quelles visions de la guerre trouve-t-on dans l’Iliade d’Homère, L’Art de la guerre de Sun Tzu et Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort de Freud ; quelle est la place de la guerre dans la littérature pour enfants ?
Tels sont certains des thèmes qui seront abordés à Arles pendant les Assises de la traduction littéraire, organisées par ATLAS du 7 au 9 novembre 2014.

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Traduire au Salon de la culture yiddish

Sans titreDimanche 12 octobre à 17h
dans le cadre du salon organisé par la Maison de la culture yiddish

Projection de Traduire, un film de Nurith Aviv (France, 2011), suivi d’une table ronde en présence de la réalisatrice, de Yitskhok Niborski et de Batia Baum, animée par Cécile Neeser Hever.

 

À l’issue de la table ronde seront présentés le Centre de soutien à la traduction et les trois oeuvres traduites qui bénéficieront de son soutien en 2014 – 2015.

P.A.F. : 10 €

Maison de la culture yiddish
29, rue du Château-d’Eau
75010 Paris
Tél. : 01 47 00 14 00

Échos du Forum : de la chute des mâchoires

On s’interroge sur tout quand on est traducteur…

images« Une petite question à laquelle mes dictionnaires (collection trop pauvre, définitivement !) ne répondent pas. Dit-on : « La mâchoire m’en tomba » ou « les mâchoires m’en tombèrent » ? (Luce Michel)

–  Foin des dictionnaires en la matière ! Même s’ils affirmaient le contraire, je ne ferais tomber qu’une mâchoire : la seule qui puisse tomber. Ou alors, c’est que ton narrateur perd son dentier. Amitiés cartésiennes.  (Rose-Marie Vassallo)

–  Chez moi ce sont les bras — je suis articulé comme ça. Ma mâchoire se décroche quand je bâille, autrement je reste bouche bée. (Paul Lequesne)

–  Oui, bien sûr : les bras qui tombent et la bouche bée sont les expressions consacrées. Mais la mâchoire qui tombe permet de varier l’expression, et l’image me paraît assez juste. Sachant cependant qu’en anglais c’est un sacré cliché. Elle arrive même à tomber jusqu’au plancher ! (Rose-Marie)
(Note de la rédaction : My jaw dropped to the floor

– Sans doute, mais « la mâchoire m’en tomba » risque d’être pris par le lecteur pour une erreur de la part du traducteur. Je l’entends déjà le lecteur — car ce lecteur, c’est moi — « ah ! ce niais de traducteur s’est emmêlé les pinceaux, il confond « les bras m’en tombent » avec « j’en reste bouche bée », quel gourd, quel benêt, quel incapable, et ils se plaignent encore de ne pas être assez payés ! » Sous la plume d’un auteur, ça passera, on trouvera le glissement plaisant, et même original. Sous la plume d’un traducteur, on se gausse. Par ailleurs, ne vaut-il pas mieux — en général veux-je dire — rendre un cliché par un autre cliché ?  (Paul)

– The servant’s jaw dropped. « Sir ? I must protest. These people are…  »
Le domestique resta bouche bée. « Mais monsieur, je proteste ! Ces gens sont… »
THE DA VINCI CODE Chapter 12. (Jean-Paul Deshayes)

– Ah, merci encore, personnellement je dis souvent « j’ai la mâchoire au sol » ou « la mâchoire m’en est tombée » (non pas que ma vie soit absolument trépidante, il m’arrive parfois de ne perdre ni les bras, ni la mâchoire !!) et grâce à vous, je découvre que ces expressions ne sont pas les bonnes… Je vais donc m’en remettre à la voix de la sagesse et adopter un cliché valide et validé ! » (Luce)

Écrire, traduire : soirée Bernard Simeone

L’Association des Amis de Bernard Simeone et la librairie Le Bal des Ardents vous invitent à saluer la sortie en librairie de :

simeoneÉcrire, traduire, en métamorphose et la réédition de Cavatine aux éditions Verdier

le jeudi 16 octobre à 19 heures

Cavatine, un roman dont la publication brochée date de 2000, sera présenté par Gilbert Vaudey, historien et écrivain.
Écrire, traduire, en métamorphose, un recueil de textes de Bernard Simeone portant sur sa pratique de l’écriture et de la traduction, sera présenté par Jean-Claude Zancarini, professeur émérite en études italiennes à l’ENS de Lyon, et traducteur.

 

Pour plus de renseignements, se rendre sur le site de la librairie
Le Bal des Ardents
17 rue Neuve, Lyon 1er
Tél. : 04 72 98 83 36

Durs apprentissages

La chronique de Corinna Gepner 

Avec Scènes de ma vie, le paysan autrichien Franz Michael Felder (1839-1869) livre une autobiographie singulière et fascinante. Conscient dès son plus jeune âge de n’être pas comme les autres, il se fraie difficilement un chemin parmi les aléas de l’existence. La vie est rude dans les montagnes du Vorarlberg, surtout quand on n’est pas de constitution robuste et que l’on se découvre un goût pour les livres et l’écriture. Avec une acuité et une profondeur de vue peu communes, Felder décrit son douloureux apprentissage, ses espoirs et ses déchirements, ses découvertes et ses désillusions – et sa volonté inébranlable d’accéder à l’univers de la littérature.
Scènes de ma vieSon originalité tient toutefois à ce qu’il ne cherche pas à se réfugier dans le monde des livres ni à se couper de ses racines paysannes. Au contraire, c’est chez lui, dans son village natal, qu’il entend vivre sa vocation existentielle, en la mettant au service du bien commun. Pour lui, la culture rime manifestement avec le développement d’une conscience politique et sociale qui l’amènera à lutter contre l’exploitation dont sont victimes les paysans de sa région. Il conçoit l’éducation comme une voie de libération pour ceux que la société maintient sous le joug de l’ignorance et d’une oppression qui ne s’affiche pas nécessairement comme telle. Inutile de dire que Felder ne se fait pas que des amis parmi ceux dont il dénonce les abus – mais aussi chez les paysans, qui ne savent que penser de cet extravagant qui n’a pas de place dans leur univers mental.
On est frappé par l’authenticité, la force et l’intelligence du récit, impressionné par l’incroyable courage qui se déploie dans ces pages et par la beauté de la langue de Felder. Incisive, poétique, virulente, tendre : elle dit aussi bien la colère que l’amour, l’émerveillement que le dégoût. Elle restitue admirablement les tourments d’une âme cherchant désespérément à se faire entendre, non pour sa propre satisfaction, mais parce qu’elle se sait capable d’apporter à autrui des lumières qui lui donneront accès à une vie meilleure.
Il n’est pas étonnant que l’amour y tienne une aussi grande place : la figure de Nanni, celle qui deviendra la femme de Felder, illumine le récit. On laissera à la passionnante postface de Jean-Yves Masson le soin d’expliciter la fonction assumée de ce texte, hymne poignant à l’amour, à l’épouse défunte qui aura permis à l’auteur de devenir ce qu’il est.
Enfin on ne saurait trop souligner l’excellence de la traduction, qui épouse avec force et délicatesse le phrasé de Felder, et qui a su se couler dans le moule de l’époque sans pour autant donner le sentiment d’avoir « reconstitué » un langage.

Franz Michael Felder
Scènes de ma vie
Traduit de l’allemand (Autriche) par Olivier Le Lay
Verdier, 2014

Dans son roman Humains, l’écrivain Matt Haig rejoue à sa façon la fiction du voyageur persan à la Montesquieu. Une civilisation très avancée dépêche un des siens sur la planète Terre afin de prendre la place du mathématicien anglais Andrew Martin, qui vient de résoudre une équation dont les conséquences sont incalculables pour l’humanité – et donc aussi pour tous les voisins, proches ou éloignés, de la Terre. Sa mission est claire : tuer tous ceux auxquels Andrew Martin a parlé de sa découverte, collègues, épouse, fils…
HumainsMais d’abord, il lui faut s’accoutumer à la vie terrestre et jouer tant bien que mal le rôle du professeur Martin, lequel était manifestement un grand savant, mais aussi un piètre époux et un père défaillant.
Il en résulte un récit hilarant de ses mésaventures dans ce monde qu’il ne comprend pas et qui lui paraît à la fois absurde et répugnant. Mais, bien sûr, en apprivoisant peu à peu son nouvel environnement, il se prend au jeu et finit par déceler les beautés cachées de ce qu’il considérait auparavant de l’œil froid d’un Vonnadorien rationaliste. Cependant il serait erroné de ne voir dans ce roman qu’une illustration de plus d’un schéma narratif bien connu. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue, on est saisi par le fond de mélancolie et d’émerveillement qui sous-tend le texte. On le sent habité à la fois par le désespoir et par un désir forcené de faire advenir le beau et de redonner à l’art – la poésie, la musique – la place centrale qu’il devrait avoir dans toute existence. Dire que le faux Andrew Martin découvre les vertus de l’amour pourrait paraître, là aussi, trop attendu et prévisible pour être vraiment convaincant. Et pourtant… On comprend bien qu’il ne s’agit pas d’une formule toute faite, mais qu’il y a là une expérience de vie qui donne au récit toute sa force. Et quand on referme le livre, on a le sentiment d’avoir fait une plongée régénératrice en soi-même.
La traduction est d’une inventivité qui rend parfaitement justice au texte, elle le fait vivre et contribue très largement à l’émotion et au plaisir que l’on éprouve à la lecture de ce roman.

Matt Haig
Humains
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Valérie Le Plouhinec
Hélium, 2014

 

Concours vidéo du CEATL : et le gagnant est…

Le CEATL (Conseil européen des associations de traducteurs littéraires) a annoncé son choix pour le lauréat de son troisième concours international de vidéos visant à rendre notre profession plus lisible : il s’agit du film Words travel worlds, de Cristina Savelli et Alessandra Maldina. Le prix leur sera remis le 30 septembre, jour de la saint Jérôme.

Pour en savoir plus sur le concours et sur les autres films en lice, nous vous invitons à consulter le communiqué du CEATL. Le magazine en ligne Actualitté a également consacré un joli article à cette annonce.

Rencontres : un traducteur et son auteur

La Bulac (Bibliothèque universitaire des langues et civilisations de l’Inalco) propose cet automne un cycle de conférences intitulé « À la table du traducteur ».

C’est dans ce cadre qu’aura lieu, le jeudi 25 septembre, de 18h30 à 20h00, une rencontre avec Charlotte DangClaude Philip, traducteurs, et Michel Fournié (Institut national des langues et civilisations orientales), animée par Patrick Maurus (Institut national des langues et civilisations orientales).

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Avec la participation exceptionnelle de Phan Huy Đuòng (ci-contre), écrivain et traducteur, à l’occasion de la parution du roman Une bien modeste famille (collection Sémaphores, Éditions Intervalles, 2014) de l’auteur Dạ Ngân.
http://www.bulac.fr/conferencesrencontres/alatabledutraducteur/un-traducteur-et-son-auteur/

Et le 18 novembre : rencontre avec Chloé Billon, traductrice et Mileta Prodanovic, écrivain, animée par Marie Vrinat-Nikolov (INALCO) à l’occasion de la parution du roman Ça pourrait bien être votre jour de chance, (collection Sémaphores, Éditions Intervalles, 2014).
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Entrée libre
Auditorium du Pôle des langues et civilisations
65, rue des Grands Moulins
75013 PARIS
Métro : Bibliothèque François Mitterrand
Bus : 62, 64, 89, 132, 325
Tram : T3a – Avenue de France