
Rencontre avec l’écrivain Jean-Philippe Toussaint
Mi-parcours pour l’École de traduction littéraire du Centre national du livre, à Paris : la session expérimentale lancée le 7 avril a vécu, samedi 19 mai, sa sixième séance, avec la présence de l’écrivain Jean-Philippe Toussaint, venu parler de ses rapports avec les traductions et les traducteurs de ses livres (notamment des quatre rencontres avec ses traducteurs organisées au Collège de Seneffe par Françoise Wuilmart), et une séance de traduction depuis le chinois, le coréen et le sino-coréen avec Patrick Maurus.

Atelier avec Patrick Maurus, traducteur de chinois, coréen et sino-coréen
Les quinze élèves sélectionnés par un comité composé d’éditeurs, de traducteurs et de représentants du CNL, ainsi que des président(e)s d’ATLAS et de l’ATLF, traduisent au total d’une dizaine de langues, du suédois à l’arabe en passant par l’ukrainien, le russe, le polonais, l’espagnol, l’allemand ou l’anglais. Tous ont déjà publié une traduction – tous, car l’un des participants est un homme !
Ouverte en fanfare par André Markowicz, qui consacra trois heures fulgurantes aux quatre premiers vers du monologue de Hamlet, l’école a jusqu’ici accueilli des cours sur la traduction d’histoire (Jacqueline Carnaud), sur la métrique (Michel Volkovitch), sur Anna Karénine (Hélène Henry-Safier), sur la première phrase d’un texte littéraire (Rosie Pinas-Delpuech).
Le matin, ils ont pu suivre des ateliers sur le contrat de traduction (Cécile Deniard), l’utilisation de l’informatique (Evelyne Châtelain) et un atelier d’écriture (Cathy Ytak). Ils ont écouté les explications d’un premier éditeur (Dominique Bourgois) sur le métier et en accueilleront un deuxième (Jean Mattern, Gallimard), mais entendront aussi une correctrice (Marie Dubois), une chef de fabrication (Alix Wilaert) et un représentant (Gilles Bourgogne).
Au programme pour les semaines à venir : de l’érotisme bulgare (Marie Vrinat), un poème politique et sa traduction sous pression (Olivier Mannoni), des romanciers italiens (Chantal Moiroud, Christophe Mileschi) et du sous-titrage (Valérie Julia).
Pour l’instant, tout fonctionne encore mieux que prévu. Les ateliers multilingues remplissent parfaitement leur office et permettent d’aller droit au but : le véritable travail de la traduction, ses techniques, ses tours de main et ses innombrables chausse-trapes. Le groupe des stagiaires fonctionne très bien, plusieurs traducteurs enseignants assistent généralement à ces séances où l’on travaille beaucoup mais où l’on n’oublie pas de rire – traduire doit rester un plaisir.
Un bilan final sera établi à l’issue de cette première session, pour préparer l’ouverture de l’école en grandeur réelle, début 2013.
Olivier Mannoni