Prix de la traduction littéraire Wallonie-Bruxelles

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Programme
16h00 : Accueil par Jacques DE DECKER, Président du Collège
16h15 : Présentation de la session 2013 du Collège par Françoise WUILMART, Directrice du Collège.
16h45: «Stefan ZWEIG, double langage» – Débat avec Diane MEUR et Françoise
WUILMART, animé par Jacques DE DECKER et Alain VAN CRUGTEN.
Les traductions de Stefan ZWEIG, qui datent pour certaines d’un demi siècle, ont souffert de l’épreuve du temps, rendant nécessaire leur retraduction intégrale dans un souci de
modernisation et de fidélité à la version originale.
Diane MEUR et Françoise WUILMART se sont attelées à la tâche pour des éditeurs différents. Elles seront invitées ici à confronter leur approche respective du grand conteur et de certaines difficultés inhérentes à son écriture.
18h : Remise du Prix de la Traduction littéraire 2013
18h30 : Réception dans le patio du Collège.

L’ATLF fête ses quarante ans

Le samedi 15 juin 2013, et en attendant les célébrations prévues à l’automne, l’ATLF fêtait ses quarante ans en petit comité, à l’hôtel d’Avejan, dans les locaux du CNL. Etaient invités tous les dirigeants « historiques » de l’association, les divers membres des CA au fil des années. Environ quatre-vingt personnes ont répondu présent.
Laurence Kiefé, après avoir remercié Jean-François Colosimo de son accueil, a rappelé l’importance de notre association dans la défense de notre profession.
On peut lire son discours sur le site de l’ATLF.

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En cliquant sur l’image, vous accéderez à la page du livre, sur le catalogue de l’éditeur*.
En cliquant sur le nom du traducteur, vous accéderez à sa fiche, dans l’annuaire de l’ATLF*.
*si les liens nous ont bien été communiqués.
Merci aux adhérents qui ont envoyé les informations.

Thomas Cullinan
Les Proies
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Morgane Saysana
Passage du Nord-Ouest, 2013

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Nalini Singh
La tempête de l’archange
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Luce Michel
Éditions J’ai Lu (collection Darklight), mai 2013

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August Strindberg
La Danse de mort I, II
Traduit du suédois par Terje Sinding
Circé -Théâtre, mai 2013

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Archimandrite Sophrony
Lettres à des amis proches
Traduit du russe par Anne-Marie et Athanase Tatsis-Botton
Éditions du Cerf, 2013

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Roopa Farooki
Les Choses comme je les vois
Traduit de l’anglais par Jérémy Oriol
Gaïa éditions, mai 2013

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Roopa Farooki
La petite boutique des rêves
Traduit de l’anglais par Jérémy Oriol
Babel, mai 2013 (première parution : Gaïa, juin 2012)

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L’occupation des sols de Jean Echenoz : un défi pour les traducteurs ?

Journées scientifiques organisées par le Laboratoire LATTICE
(UMR 8094 CNRS/ENS/Paris3) dans le cadre du Labex TransferS

 PROGRAMME
Vendredi 19 avril 2013, salle Dussane
9h30 : Ouverture par Guillaume Bonnet, directeur-adjoint Lettres de l’ENS
9h45 : Introduction par Catherine Fuchs, responsable du projet « Transfert de Langues, Transposition de Textes »
10h : Projection du texte et lecture à haute voix
10h30 : Un point de vue de linguiste sur L’occupation des sols

11h : pause-café

11h30 : Un point de vue de littéraire sur L’occupation des sols
12h : “Change of Plans : Plan of Occupancy revisited”, par Mark Polizzotti (Publisher and Editor in Chief at The Metropolitan Museum of Art, New-York)

13h : déjeuner

14h30 : “Jouer au traducteur : L’occupazione del suolo”, par Roberto Ferrucci (université de Padoue)
15h30 : “Traduire L’occupation des sols en hongrois : problèmes linguistiques et discursifs”, par Sandor Albert (université de Szeged)
16h30 : “Translation Studies et traduction littéraire: panorama historique et perspectives”, par Isabelle Génin (université Paris 3)

Samedi 20 avril 2013, salle Dussane
 
10h : “Traduire c’est trahir ?”, par Masachika Tani (université Waseda, Tokyo)
11h : Table-ronde (animée par Nathalie Fournier, université Lyon 2), en présence de Jean Echenoz

Ces journées sont publiques
Contact : catherine.fuchs@ens.fr, shirley.thomas@telecom-em.eu

Ecole Normale Supérieure, 45 rue d’Ulm, Paris 5e

Les 3e Rencontres de la traduction au Salon du livre

Pour la troisième année consécutive, une journée consacrée à la traduction littéraire aura lieu en pré-ouverture au salon, le jeudi 21 mars 2013, de 9h30 à 17h.
Cette manifestation est organisée en partenariat avec le Centre national du livre et bénéficie du soutien de l’ATLF.

Les points forts en seront :
- 10h15 – 11h30 : Traduire hier, aujourd’hui et demain
Avec Laurence Kiefé, présidente de l’ATLF, Olivier Mannoni, directeur de l’ETL, Hélène Henry, présidente d’ATLAS, et André Gabastou, vice-président d’ATLAS
Modération : Isabelle Nyffenegger, chef du département de la création du CNL

- 11h30 – 12h30 : Traduire au-delà des frontières
Avec Eric Boury, traducteur, Maruxa Carranza, responsable des échanges culturels, ambassade d’Espagne, Hélène Amalric, éditrice et traductrice, et Débora Farji-Haguet, traductrice
Modération : Françoise Wirth, revue Traduire

- 14h00 – 15h15 : La traduction des sciences humaines et sociales
Avec Jacqueline Carnaud, traductrice, Marc de Launay, philosophe et traducteur, Michèle Leclerc-Olive, sociologue, et Christophe Guias, directeur littéraire des sciences humaines chez Payot
Modération : Alain Delissen, historien

- 15h30 – 16h15 : Traduire l’image
Avec Christophe Commères, directeur adjoint Ciné-Frisson, Anne Rafroidi, directrice du doublage et du sous-titrage à Canal +, Odile Manforti, traductrice de séries, et Anaïs Duchet, présidente de l’ATAA
Modération : Marc Fernandez, journaliste, rédacteur en chef de la revue Alibi

 - 16h30 : Intervention de Jean-François Colosimo, président du CNL

Le programme complet est disponible ici :
http://www.salondulivreparis.com/PRO/Les-Rencontres-de-la-traduction.htm
L’ATLF et ATLAS seront également présentes pendant la durée du salon du livre.
Voir ici le programme des tables rondes et ateliers prévus.

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En cliquant sur l’image, vous accéderez à la page du livre, sur le catalogue de l’éditeur*.
En cliquant sur le nom du traducteur, vous accéderez à sa fiche, dans l’annuaire de l’ATLF*.
*si les liens nous ont bien été communiqués.

Merci aux adhérents qui ont envoyé les informations.


Peter Watts
ßéhémoth
Traduit de l’anglais par Gilles Goullet
Fleuve Noir, 2012

2013-01 Fleuve Noir Watts Goullet (Small)

Site de Gilles Goullet

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Pieter Aspe
Le Message du pendu
Traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron
Albin Michel, 2012

2013-01 Albin Michel Aspe Sandron (Small)Reinhardt Jung
Le Livre des histoires perdues
Traduit de l’allemand par Emmanuèle Sandron
Alice Jeunesse, 2012

2013-01 Alice Jung Sandron (Small)*********

Marjorie M. Liu
Démoniaque ; vol. 3, Ombres indomptées
Traduit de l’anglais (américain) par Luce Michel
Editions J’ai Lu, collection Darklight, janvier 2013

2013-01 Darklight Liu Michel (Small)*********

Richard Zimler
Les anagrammes de Varsovie
Traduit de l’américain par Sophie Bastide-Foltz
Buchet-Chastel, 2013

2013-01 Zimler Bastide Buchet-Chastel (Small)*********

Max Frisch
Esquisses pour un troisième journal
Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni
Grasset, 2013

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Katrina Kittle
Le Garçon d’à côté
Traduit de l’américain par Nathalie Barrié
Phébus, 2012.
Cette expérience de traduction fait l’objet d’un article par Nathalie Barrié sur le blog de l’ATLF. Marina Carrère d’Encausse parle de ce roman dans sa chronique et Gérard Collard l’évoque sur les Déblogueurs.

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Christopher R. Browning
À l’intérieur d’un camp de travail nazi
Récits des survivants : mémoire et histoire
Traduit de l’anglais par Jacqueline Carnaud
Les Belles Lettres, 2013

2013-01 Browning Carnaud Belles Lettres (Small)*********

Alison Brennan
Silence mortel
Traduit de l’américain par Paola Appelius
J’ai Lu, 2013

2013-01 Brennan Appelius J'ai lu (Small)

Lisi Harrison
De Vampire en pire : Monster High T4
Traduit de l’américain par Paola Appelius
Castelmore, 2012

2013-01 Harrison Appelius Castelmore4 (Small)*********

Dario Maestripieri
À quoi jouent les primates ?
Traduit de l’anglais (USA) par Martine Desoille et Alice Seelow
Éditions de l’Évolution, 2012 2013-01 Maestripieri Desoile Sellow Evolution (Small) (2)

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Rosie Dastgir
Une petite fortune
Traduit de l’anglais par Anne Damour
Christian Bourgois éditeur, 2013

2013-01 Dastgir Amour Bourgois (Small)*********

Ivy Compton-Burnett
Parents et Enfants
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Karine Lalechère
Phébus, 2012

2013-01 Compton Laléchère Phébus (Small)

Mark SaFranko
Travaux forcés
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Karine Lalechère
Treizième note, 2013

2013-01 SaFranko Lalechère 13e note (Small)*********

José Luis Corral
L’Héritier du Temple
Traduit de l’espagnol par Anne-Carole Grillot
HC Éditions, 2012

2013-01 Coral Grillot HC (Small)*********

Misha Glenny
Cyber arnaque
Traduit de l’anglais par Léa Drouet
Éditions Denoël, 2012

2013-01 Glenny Drouet Denoël (Small)*********

Avis Berman et Arnold Skolnick
Edward Hopper à New York
Traduit de l’anglais par Laurent Laget
Soline éditions, 2012
Page du Choix des libraires

Carole Stott
L’Espace
Traduit de l’anglais par Laurent Laget
Nathan, 2012

 2013-01 Stott Laget Gallimard (Small)

Site de Laurent Laget

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Alain de Botton
Petit guide des religions à l’usage des mécréants
Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin
Flammarion, 2012

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Tomas Espedal
Lettre (une tentative)
Traduit du norvégien par Terje Sinding
Actes Sud, 2012

2013-01 Espedal 1 Sinding Actes Sud (Small)

Anders Roslund et Börge Hellström
La Fille des souterrains
Traduit du suédois par Terje Sinding
Presses de la Cité, 2012

2013-01 Roslund Sinding Cité (Small)

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Gabriel Campanario
L’Art du croquis urbain
Dessiner le monde, de ville en ville – 500 dessins, 50 villes du monde, 30 pays
Traduit de l’américain par Marie-Christine Guyon et Géraldine Oudin
Eyrolles, 2013

 2013-01 Campanario Guyon Oudin Eyrolles (Small)

Site de Marie-Christine Guyon

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Les traducteurs de l’ATLF publient aussi des livres écrits par eux-mêmes :

Jacqueline Carnaud, Rachel Meisler, Dana Taube
Petit Vocabulaire actuel – hébreu
Ophrys, 2013

2013-01 Carnaud Ophrys (Small)

Rappel de l’article VIII du Code des Usages – Mention du nom du traducteur
(à faire figurer sur le contrat d’édition) :
« Les parties s’accordent pour que le nom du traducteur apparaisse sur tous les documents faisant référence à la publication de sa traduction, catalogue, site de l’éditeur, communiqué de presse, prière d’insérer, etc. »

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A propos du roman « Une fille, qui danse »

Une histoire de titre : à propos du roman Une fille, qui danse de Julian Barnes (Mercure de France)

    Lorsqu’une traduction est terminée, j’ai tendance à évacuer, à oublier les nombreux problèmes rencontrés lors de ce travail ; pour pouvoir les évoquer, il faudrait tout reprendre – ces difficultés elles-mêmes, les doutes, les solutions retenues pour telle ou telle raison –, et le produit de ces réminiscences pourrait bien être plus volumineux que le bouquin lui-même… Vous me direz, c’est tout de même ça qui intéresse les collègues, et on peut se borner à donner quelques exemples ; certes, et je le ferai peut-être, si j’en trouve le courage…
   Mais, après tout, c’est le résultat qui compte ; à chacun donc de se faire une opinion en lisant ce nouveau roman de Barnes (dont j’ai déjà traduit une dizaine d’ouvrages). Il y est question des incertitudes du souvenir, de culpabilité et de remords, et d’un mystère qui ne sera élucidé, comme il se doit, qu’à la fin du livre comme dans un roman policier…
  Le titre anglais est The Sense of an Ending, qui signifie au moins deux choses : « le sentiment d’une fin [de vie, celle du narrateur] » et « la raison d’une mort » [suicide d'Adrian]… Pourquoi est-ce devenu
Une fille, qui danse ? J’avais proposé plusieurs autres titres, dont « Dénouement » ou « Le Dénouement d’une vie », mais l’éditrice n’aimait pas trop ça. Finalement, c’est l’auteur lui-même qui a décidé de choisir quelque chose de complètement différent, et proposé A Girl, dancing, parce qu’il y a, en effet, une scène où Veronica (le personnage féminin principal) danse, pour une fois, dans la chambre d’étudiant du narrateur.
  J’ai donc dû m’incliner. Et il est vrai que, comme dit Barnes lui-même dans une interview, « chaque livre a quinze titres possibles » (et il ajoute : « je ne m’accroche pas particulièrement au titre anglais originel »). Je constate aussi que, dès lors que c’est le choix de l’auteur, tout le monde trouve ça très bien… Mais je continue de renâcler intérieurement, et en vain, bien sûr. Il me semble maintenant que les tout derniers mots du roman, « Un grand trouble », auraient mieux reflété l’esprit de l’œuvre, qui est, après tout, d’une couleur assez sombre. Mais c’est ainsi, il est rarement donné à un traducteur d’imposer un titre (qui ne s’impose pas de lui-même), et on peut le regretter… ou non si on pense qu’il a tort.
  Son dernier recueil de nouvelles, Pulsations, vient de paraître en Folio.
(Là, au moins, on avait accepté mon titre !)

Jean-Pierre Aoustin

Une fille, qui danse, Julian Barnes.
Mercure de France, janvier 2013.

Barnes Une fille qui danse

Matinales de la SFT

La délégation Ile-de-France de la SFT nous communique le thème de sa prochaine « Matinale », le samedi 19 janvier, à 10 h 01.

Que deviennent nos traductions de presse ou d’édition quand nous les livrons ?
*Marie-Édith Alouf*, secrétaire de rédaction à l’hebdomadaire *Politis*, nous dévoilera les secrets de son métier. Outre l’harmonisation du texte, le secrétaire de rédaction œuvre aussi à sa mise en valeur et fait partie intégrante de la chaîne éditoriale.
À l’issue de ce café des traducteurs, ponctuation, majuscules, tirets, réécriture stylistique et subtilités diverses n’auront plus de secrets pour vous.
Cofondatrice en 2005 des éditions Les petits Matins, Marie-Édith Alouf nous présentera les règles, codes et autres mystères du *secrétariat d’édition*, et abordera les spécificités d’une œuvre traduite.
*Quand ?
*Samedi 19 janvier à 10 h 01, et nous vous accueillerons dès 9 h 30.
*Où ?
*Au Café du Pont-Neuf
14, quai du Louvre – 75001 Paris
M° Pont-Neuf/RER Châtelet

Votre petit-déjeuner comprendra une boisson chaude, un verre de jus d’orange et une viennoiserie.
Un reçu de 9,00 € vous sera remis sur place.

Inscrivez-vous auprès de la delegation.idf-matinales@sft.fr
d’ici le
vendredi 18 janvier à 12 h.
Nous pourrons mieux organiser la manifestation et vous remporterez
peut-être notre livre du mois.
*V’là mon travail, v’là mon dico
*Une traduction à présenter ? Un outil papier préféré ? Apportez-les !
Une table leur sera réservée.

Adhérents ou pas à la SFT, traducteurs et interprètes en exercice ou étudiants, venez !
Au plaisir de vous retrouver ou rencontrer,  Votre équipe des Matinales-IDF.

Traduire en pays dominé

« L’unique hurlement est en toi. »
Patrick Chamoiseau, Écrire en pays dominé

Istanbul, septembre 2011. Voilà un an que je me suis installée dans cette ville tentaculaire dont je ne connais encore que trop peu la langue et les mœurs. J’arpente souvent la grande artère commerçante, la célèbre İstiklal Caddesi, à la recherche de repères : Institut français, Goethe-Institut, disquaires et libraires. Dans la vitrine de Mephisto, le dernier Elif şafak, Iskender, et la série des Martine traduite en turc. J’ai déjà remarqué que la littérature et la chanson françaises sont très appréciées ici. En tête de gondole, le CD de Zaz. Et à la caisse, Le Petit Prince dans sa traduction turque. Un indémodable, semble-t-il.

Tandis que je patiente dans la queue pour payer mes achats, je me souviens qu’il y est question de la Turquie. C’est dans le chapitre IV, celui sur l’astéroïde B612 dont le narrateur pense qu’il s’agit de la planète du petit prince : « Cet astéroïde n’a été aperçu qu’une fois au télescope, en 1909, par un astronome turc. » Mais ce dernier n’aurait pas été pris au sérieux à cause de son costume oriental, tel que Saint-Exupéry l’a dessiné : fez et pantalon bouffant. Puis on y lit cette phrase : « Heureusement pour la réputation de l’astéroïde B612, un dictateur turc imposa à son peuple, sous peine de mort, de s’habiller à l’européenne. L’astronome refit sa démonstration en 1920, dans un habit très élégant. Et cette fois-ci tout le monde fut de son avis. » (Paris, Gallimard, 1999, p. 20-21) La traductrice turque, Sumru Ağıryürüyen, a remplacé le mot dictateur (qui serait diktatör en turc) par leader (lider) :

Ama, asteroid B612′nin şansına; dediği dedik bir Türk lider, karşı çıkanları ölüm cezasıyla tehdit ederek, halkının Avrupalılar gibi giyinmesini şart koştu. (Antoine de Saint-Exupéry, Küçük Prens, Istanbul, mavibulut, 2011, p. 18-19)

On ne saurait taxer cette traductrice d’infidélité, d’autant plus qu’elle a conservé l’expression « sous peine de mort » (ölüm cezasıyla). Simple question de sémantique, me direz-vous. Mais alors, pourquoi ce choix ? On l’aura deviné, le dictateur turc en question est Atatürk. Or il faut savoir qu’en Turquie, on est passible d’emprisonnement pour avoir traité Atatürk de dictateur. Et il faut avoir vu des enfants en uniforme scolaire alignés au garde-à-vous dans la cour d’une école, la tête tournée vers le buste d’Atatürk, chanter avec ferveur l’hymne national, pour comprendre que Mustafa Kemal est l’objet d’un véritable culte ! Atatürk est partout : des bustes, des statues en pied, des photographies ; dans les écoles, sur toutes les places, dans les magasins, les taxis, les échoppes d’artisans, sur les billets de banque. Ce héros des Dardanelles qui a repoussé les Alliés à la célèbre bataille de Gallipoli en 1915, méritant ainsi son premier titre honorifique de Gazi (le Victorieux), est surtout vénéré pour avoir modernisé et européanisé le pays : instauration de la laïcité, réforme des noms de famille, du code vestimentaire et de l’écriture par la substitution de l’alphabet latin à l’alphabet arabe, droit de vote des femmes. Cette révolution sociale sans précédent, appelée « révolution kémaliste », lui vaudra le titre de Pascha. Puis, en 1934, sur décision de l’Assemblée, Mustafa Kemal devient Atatürk (le Turc-Père, au sens de « Turc comme l’étaient les ancêtres »).
Ceci expliquant cela ? « Un dictateur n’a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi », disait François Mitterrand dans Le Coup d’État permanent.

Février 2012. L’hiver n’en finit pas. Je reviens régulièrement chez les disquaires et libraires de l’İstiklal Caddesi. Chez Mephisto, Le Petit Prince turc est à présent flanqué de la traduction kurde par Fawaz Husên. Grâce au dessin de l’astronome au fez et pantalon bouffant, je retrouve vite le passage incriminé :

Lê ji xêr û xweş bextiya gêrestêra piçûk B612 re, dîktatorekî tirk fermanek j ibo miletê xwe derxist û yê bi wê fermanê nekira û cil û bergên ewrûpî li xwe nekirana, ew ê bihata kuştin.
(Antoine de Saint-Exupéry, Mîrzayê Piçûk, traduit en kurde par Fawaz Husên, Istanbul, Avesta, 2011, p. 27)

De mémoire de traductrice, jamais fidélité au texte n’a été aussi subtilement subversive.

Nathalie Rouanet

 

Préface d’un traducteur… en 1788

…Où l’on voit M. de Prémont, traducteur de l’italien, prévenir ses lecteurs qu’il a légèrement « caviardé » le « Corbaccio » de Boccace dans sa traduction… C’était en 1788.
(in « Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques » Tome 31, Amsterdam, 1788.)
Préface du traducteur
[…]
« Je crois devoir dire à ceux qui seront surpris de trouver de la morale et des sentiments pieux parmi des bagatelles, que la plupart des auteurs Italiens et même des Espagnols, ne font aucun scrupule d’écrire de cette manière. Elle est ordinaire à Bocace. J’ai retranché de son ouvrage bien des choses que la pudeur ne souffre point ; je l’aurais trop défiguré si je lui avais encore ôté sa dévotion. J’ai cru que ce mélange de sacré et de profane, qui partout ailleurs serait fort mauvais, devait être ici pleinement justifié par le titre du livre. Les songes sont des images confuses de tout ce qui peut tomber sous les sens : la droite raison n’a point de juridiction sur le sommeil ; et ce qu’on s’imagine en dormant étant supposé involontaire, ne doit point être impardonnable.

J’ai remplacé ce que j’ai retranché du texte italien, de contes, de fragments et de vers. La plupart de ceux qui les ont composés étant de mes amis, ont bien voulu me permettre d’en grossir mon volume, j’espère que les autres me pardonneront la liberté que j’ai prise de l’avoir enrichi à leurs dépens.

Une plume plus délicate et plus savante que la mienne aurait rendu sans doute cette traduction plus agréable ; cependant quelque respect que j’ai pour le public, à qui j’ai pour la première fois la hardiesse de me livrer, je n’étendrai point ma préface pour implorer la clémence de mes lecteurs. Je n’ai point la démangeaison de passer pour bel esprit. Je ne crains pas moins la peine que je serais obligé de prendre pour mériter cette gloire, que la confusion que j’aurais de ne pouvoir la mériter, et je fais de cet ouvrage ce que font certains peuples de leurs enfants : à peine ont-ils la force de courir, qu’ils les abandonnent à leur destinée, et ne les reconnaissent plus. »